
très haut dans le ciel
des outardes criardes
et soudain j’entends
la dissonance majeure
dans mon mantra intérieur

très haut dans le ciel
des outardes criardes
et soudain j’entends
la dissonance majeure
dans mon mantra intérieur

volumes et rythmes
se déclinent dans l’espace
fragile équilibre
entre les sons et les sens
délicate mécanique

marcher doucement
dans des sentiers mi-glacés
je me sens nomade
entre les ombres je vois
la lune des longues nuits

voir les mots surgir
et décrypter le poème
son chiffre secret
mais avancer à tâtons
on est en terrain miné

sur tous les écrans
caravanes de migrants
à briser le coeur
flot humain en mouvement
sur la Terre à bout de souffle

la mort aux yeux froids
dans le regard d’une femme
voilé par la peur
respirant de l’oxygène
dans le parc à petits pas

le livre manquant
celui qu’on n’a pas écrit
on l’a oublié
ne reste que le désir
une énigme si parfaite

dans une baraque
des couvertures de laine
rugueuses et grises
un bouquet de fleurs livré
dissonance onirique

en combien de jours
en combien de jours de pluie
dans la nuit des temps
s’est terré le souvenir
d’un monde à jamais perdu

faisant irruption
au hasard d’une lecture
où la suie s’infiltre
quelques drapeaux de prière
et de magiques oiseaux