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Une précieuse ressource naturelle

2 Fév

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Il est encore tôt le matin. La jeune employée à lunettes rentre chez elle. Elle m’envoie la main de loin et continue à chanter d’une jolie voix en traversant la salle déserte. Sa joie de vivre est palpable. La joie de vivre cubaine est une précieuse ressource naturelle de cette île mystérieuse.

Pour célébrer le solstice

21 Déc

Photo via @STONEHENGE

Dans le rêve, je croise la chamane dans la bouche du métro. Elle est en costume: porte ses mocassins, un vêtement cérémoniel, des peaux, des plumes, son tambour d’une main, son hochet de l’autre. Je me rends dans un festival. Elle en arrive. Ils étaient plusieurs à l’aube, pour célébrer le solstice.

L’arbre

19 Déc

Je me lève au coeur de la nuit, alertée par quelque chose d’impalpable qui altère la texture de l’espace. C’est l’arbre. Silhouette noire et massive dans l’angle du salon, le sapin Fraser a déployé ses branches gelées. C’est encore un être sauvage chargé d’un parfum de forêt. Je m’approche doucement, attentive, main levée pour caresser le silence qui émane de l’arbre. Je me rendors sans avoir réussi à décrypter son secret.

Sur la photo prise ce matin, il garde tout son mystère.

Rayons bleus

22 Jan

Tempête

Quant au danger des rayons bleus, l’ophtalmologue avoue qu’il ne sait pas: la documentation n’est pas concluante. Dans le corridor qui mène à la sortie de l’hôpital, je croise un patient en chaise roulante qui se déplace à reculons en chantant à voix basse un Minuit chrétiens qui n’est plus de saison. Une tempête de neige vient de commencer: je fais les cent pas dans la poudrerie en attendant l’autobus Rosemont.

À l’arrêt du collège Jean-Eudes, un bel adolescent sans manteau attire mon attention: il n’est vêtu que d’un sweat shirt et ne porte ni tuque ni mitaines. Aussitôt assis, il enlève son sweat shirt et reste en t-shirt à manches courtes malgré les courants d’air. On peut lire Grupo de Capoeira en bleu sur le t-shirt blanc. Il sort de son sac à dos un exemplaire de bibliothèque du journal d’Anne Frank et plonge dans sa lecture.

En face de moi, une jeune femme à lunettes dans la vingtaine lit Harry Potter et la chambre des secrets. Entre le pratiquant d’art martial brésilien et la lectrice, une jeune femme aux cheveux bleus et mauves joue à un jeu vidéo sur son téléphone intelligent. En rentrant chez moi, je prends une photo de la tempête. Je ne sais toujours pas si je vais commander des verres de lecture qui protègent des rayons bleus des écrans. Il n’y a pas de traces de pas sur le trottoir enneigé.