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Une lumi??re rose baigne l’hologramme

7 Fév

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Le dieu-faucon prend délicatement sa nuque dans des serres d’une extrême douceur et le serpent surgit de son néocortex, s’épanouit sur son front de pharaon. Elle navigue dans une autre dimension. Une religieuse pince la joue de l’écolière au moment de l’examen en lui disant: «Tout va bien aller»  et la romancière est rassurée. Elle saura  traduire les cercles brûlés de civilisations disparues sous la grande marée du Temps, dire toute la complexité du monde en brèves fractales narratives, activer le fin réseau des capteurs de rêves et diffuser les impulsions révolutionnaires qui circulent autour du globe. L’ostéopathe pose ensuite doucement la main sur son utérus. Des milliers d’oiseaux s’envolent en formation dans le ventre du féminin sacré. Une lumière rose baigne l’hologramme.

 

A bridge to freedom

1 Fév

Walking by the river on the last day of January. It was very cold, with a sharp wind (around minus 20 Celsius). I was listening to a podcast about Egypt’s revolution. Analysts were likening the events to the fall of the Berlin Wall in 1989. I was living in an ashram in India then, in a remote country area and heard about the fall of the Berlin Wall only after the fact. It was such amazing news! These were the years before the World Wide Web… I reached the bridge a little before 4 o’clock and took this snapshot of a peaceful wintery scene, wishing people in Egypt will find a bridge to freedom. They are being so brave. 


 

River_january_31st

 

Une porte sur le temps [201101070902]

7 Jan

Le Cercle des Explorateurs du Temps se réunit ce matin au Pavillon dans le Nuage et, malgré un désir soudain de se joindre à eux, elle poursuit son propre chemin. C’est une route rurale dans un village d’une région éloignée du Québec, la Gaspésie peut-être ou la Basse Côte Nord, le Bas du Fleuve? C’est la nuit, l’hiver. Elle est sur ses skis.

 

La route est déserte, les maisons ne sont pas éclairées. Il est très tard ou très tôt, peut-être est-ce même le milieu de la nuit. De la poudrerie recouvre une partie de la route.

 

Malgré l’absence de lumière, ce n’est pas complètement noir. Il ne fait pas froid. La route est en pente, elle se laisse glisser sur la neige en se disant que ça doit bien mener quelque part.

 

On dirait un paysage au fusain, avec des cheminées qui fument. Ce n’est donc pas un village fantôme. Elle s’abandonne au mouvement et glisse plus profondément dans ce qu’elle comprend être la mémoire de sa mère, avant sa naissance.

 

Elle n’a pas vingt ans, elle enseigne dans une école de rang et elle doit partir très tôt le matin pour allumer le poêle à bois avant l’arrivée des enfants.  Elle prend la route pour se rendre au Petit Chicot sauf certains matins où la neige est belle et où elle coupe à travers champs.

 

Elle se retrouve dans une gare animée d’Europe du Nord. Il est cinq heures, si elle prend le prochain train, elle sera à Amsterdam à temps. Le chat miaule avec une insistance anxieuse. La gare s’écroule. Elle revient à elle.