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Chevale mémoire (7)

11 Nov

Dissonance_onirique__11112019

dans une baraque
des couvertures de laine
rugueuses et grises
un bouquet de fleurs livré
dissonance onirique

Chevale mémoire (6)

10 Nov

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en combien de jours
en combien de jours de pluie
dans la nuit des temps
s’est terré le souvenir
d’un monde à jamais perdu

Chevale mémoire (5)

9 Nov

De_magiques_oiseaux_9112018

faisant irruption
au hasard d’une lecture
où la suie s’infiltre
quelques drapeaux de prière
et de magiques oiseaux

 

 

Chevale mémoire (4)

8 Nov

ados_sur_un_banc__8112018.jpg

 

soleil de midi
les cloches de l’angélus
l’envol des canards
et quatre ados sur un banc
vrillés à leur téléphone

Chevale mémoire (3)

7 Nov

Illustration_sans_titre le souffle du vent
sur le sommeil des vivants
filaments de rêves
emmêlée d’ombre je veille
j’écoute le chant des âmes

Chevale mémoire (2)

5 Nov

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éclats de couleur
dans l’automne dénudé
sous le grand ciel bleu
des fiers chamanes mongols
à Montréal en novembre

 

Chevale mémoire

5 Nov

Illustration_sans_titre

à cheval miroir
chevale mémoire noire
moire de la nuit
la pluie, la pluie infinie
brise le silence d’or

( version 5)

Miron, un homme revenu d’en dehors du monde

13 Déc

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«Maintenant je sais nos êtres en détresse dans le siècle»

Le poète Gaston Miron disparaissait il y a déjà 21 ans, le 14 décembre 1996. Ce magnifique documentaire de Simon Beaulieu sur le site de Télé-Québec rend hommage non seulement à sa mémoire, mais à l’engagement qu’il nous a laissé en héritage.

Miron, un homme revenu d’en dehors du monde

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lettre à Normand de Bellefeuille

10 Nov

Le poème est une maison désormais inhabitée_COUV_v3.inddCher Normand,
C’est de toute beauté! J’ai commencé à tweeter des extraits de Le poème est une maison désormais inhabitée, mais je veux tout de suite te dire à quel point ton catalogue affectueux trois m’a profondément touchée.

J’ai aimé la précision, la concision, les répétitions, le sous-sol réel, les italiques, les citations et les intertextes, le charbon et la suie, la préhistoire, Alice, les trois maisons, le mystère, le père, le nom improbable du chat blanc, le poème quoi.

une bibliothèque

de bois lavé

amassé aux marées basses

sous les étoiles mortes

de mille nuits noires

En tentant de réinventer en langue/le la mineur, tu nous translates en je ne sais quel ailleurs troublant et doux à la fois. L’enfant heureux penché sur ses vieux Cahiers Canada nous révèle un étonnant chiffrier de l’émotion auquel on n’est pas sûrs de croire, nous non plus, et c’est une bien paradoxale découverte.

Il te reste plein de livres encore à écrire (on l’espère, nous aussi) en langue rupestre/ avec des taches et des cornes/ des flancs séchés de vaches/ et des chevaux nains multicolores.

Ce temps zéro du poème tout comme l’étrange mélange/de beauté et d’effroi de ton dernier livre, est bien je pense celui de toutes [tes] larmes

Merci pour le bel objet de poésie, le secret coffret de sons:

mais les mots, j’oublie

me réfugie plutôt

dans quelques sons

ni plaintes

ni gémissements

que quelques notes

presque musicales

mais sur des octaves inventés

Ah! Quelle perspective étourdissante que ces octaves inventés!

Amitiés,

Yolande

Le poème est une maison désormais inhabitée de Normand de Bellefeuille, éditions du Noroît 2017, 119p.

http://www.dimedia.com/ft000170740–fiche.html

Cyan

17 Avr

Cyan

Je marche dans l’hiver

De l’ancien village du Sault-au-Récollet

Bâti autour de l’église

Et de l’île de La Visitation

*

Le néophyte Ahuntsic

N’est n’est plus qu’une statue

Et le père Nicolas Viel le nom d’un parc

La Skawanoti est devenue la Black River

Puis la rivière des Prairies

*

Les Hurons campaient plus à l’est

Avant les premiers rapides

Quelqu’un a trouvé des artefacts

En creusant pour construire

*

Près de la rue du Pont

La couleur cyan d’un vieux mur de bois chaulé

M’arrête à chaque fois

On dirait une grange

Affleurant de l’enfance

Du passé de Montréal

Comme du mien

*

Je marche dans la poudrerie

Il reste quelques vieilles maisons

Et des échos de chansons

Qui tournent dans la tête

Et se suspendent

Devant ce mur chaulé

Couleur cyan

*

Sur ce mur j’imagine se rassembler

Des parties de moi oubliées dans le temps

Comme les chevaux de profil

Peints en ocre et terre brûlée

Au grand galop

Sur les parois des grottes de la préhistoire

*

Nous sommes innombrables

Et elles sont nombreuses

Celles dont je me rappelle

*

La petite fille de cinq ans

Arrivée de la campagne

En robe du dimanche près de l’étang

*

La communiante de sept ans

Pleine de ferveur mystique

Une chaude journée d’été

Dans la fraîcheur agréable de la vieille église

*

L’adolescente de treize ans

Le jeudi de l’Ascension

Lisait Rimbaud au soleil sur le bord de l’eau

*

À quinze ans, elle écrivait des poèmes sombres

Inspirés par l’eau noire et tumultueuse

Du ruisseau des Moulins

Un jour de tempête de neige

*

Et l’automne suivant

La jeune fille de seize ans

Embrassait un garçon du collège

Sous le saule-pleureur

Qui se trouve encore là

*

Je est un autre disait le poète

Et elle savait que c’était vrai

Qu’une part d’elle

Manquait encore

Perdue

Dans l’univers

*

Qu’elle la verrait peut-être un jour

Sur ce vieux mur bleu-vert

Revenir de son exil cyan

Pour se mêler à elle

*

Éternelle

Petite fille à l’échelle de ce printemps

Qu’on n’arrête pas

Et qui finira bien par arriver

*

À paraître dans la revue Lèvres urbaines #49, au Festival de la Poésie de Montréal 2017