
sur tous les écrans
caravanes de migrants
à briser le coeur
flot humain en mouvement
sur la Terre à bout de souffle

sur tous les écrans
caravanes de migrants
à briser le coeur
flot humain en mouvement
sur la Terre à bout de souffle

la mort aux yeux froids
dans le regard d’une femme
voilé par la peur
respirant de l’oxygène
dans le parc à petits pas

le livre manquant
celui qu’on n’a pas écrit
on l’a oublié
ne reste que le désir
une énigme si parfaite

dans une baraque
des couvertures de laine
rugueuses et grises
un bouquet de fleurs livré
dissonance onirique

en combien de jours
en combien de jours de pluie
dans la nuit des temps
s’est terré le souvenir
d’un monde à jamais perdu

faisant irruption
au hasard d’une lecture
où la suie s’infiltre
quelques drapeaux de prière
et de magiques oiseaux

soleil de midi
les cloches de l’angélus
l’envol des canards
et quatre ados sur un banc
vrillés à leur téléphone
le souffle du vent
sur le sommeil des vivants
filaments de rêves
emmêlée d’ombre je veille
j’écoute le chant des âmes

éclats de couleur
dans l’automne dénudé
sous le grand ciel bleu
des fiers chamanes mongols
à Montréal en novembre

à cheval miroir
chevale mémoire noire
moire de la nuit
la pluie, la pluie infinie
brise le silence d’or
( version 5)