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Passons du réel au surréel! Venez me rencontrer au Salon du livre :)

11 Nov

Y.Villemaire-Facebook-SLM- 201710

Lettre à Normand de Bellefeuille

10 Nov

Le poème est une maison désormais inhabitée_COUV_v3.inddCher Normand,
C’est de toute beauté! J’ai commencé à tweeter des extraits de Le poème est une maison désormais inhabitée, mais je veux tout de suite te dire à quel point ton catalogue affectueux trois m’a profondément touchée.

J’ai aimé la précision, la concision, les répétitions, le sous-sol réel, les italiques, les citations et les intertextes, le charbon et la suie, la préhistoire, Alice, les trois maisons, le mystère, le père, le nom improbable du chat blanc, le poème quoi.

une bibliothèque

de bois lavé

amassé aux marées basses

sous les étoiles mortes

de mille nuits noires

En tentant de réinventer en langue/le la mineur, tu nous translates en je ne sais quel ailleurs troublant et doux à la fois. L’enfant heureux penché sur ses vieux Cahiers Canada nous révèle un étonnant chiffrier de l’émotion auquel on n’est pas sûrs de croire, nous non plus, et c’est une bien paradoxale découverte.

Il te reste plein de livres encore à écrire (on l’espère, nous aussi) en langue rupestre/ avec des taches et des cornes/ des flancs séchés de vaches/ et des chevaux nains multicolores.

Ce temps zéro du poème tout comme l’étrange mélange/de beauté et d’effroi de ton dernier livre, est bien je pense celui de toutes [tes] larmes

Merci pour le bel objet de poésie, le secret coffret de sons:

mais les mots, j’oublie

me réfugie plutôt

dans quelques sons

ni plaintes

ni gémissements

que quelques notes

presque musicales

mais sur des octaves inventés

Ah! Quelle perspective étourdissante que ces octaves inventés!

Amitiés,

Yolande

Le poème est une maison désormais inhabitée de Normand de Bellefeuille, éditions du Noroît 2017, 119p.

http://www.dimedia.com/ft000170740–fiche.html

Lancement collectif des Écrits des Forges le jeudi 9 novembre de 5 à 7 

7 Nov

Je lirai quelques extraits de mon roman. Venez fêter avec nous!

4 Nov

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Lancement le 3 septembre à Val-David

20 Août

Affichette

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Le rose des temps, roman à paraître

4 Août

Com_Le rose des temps

Cyan

17 Avr

Cyan

Je marche dans l’hiver

De l’ancien village du Sault-au-Récollet

Bâti autour de l’église

Et de l’île de La Visitation

*

Le néophyte Ahuntsic

N’est n’est plus qu’une statue

Et le père Nicolas Viel le nom d’un parc

La Skawanoti est devenue la Black River

Puis la rivière des Prairies

*

Les Hurons campaient plus à l’est

Avant les premiers rapides

Quelqu’un a trouvé des artefacts

En creusant pour construire

*

Près de la rue du Pont

La couleur cyan d’un vieux mur de bois chaulé

M’arrête à chaque fois

On dirait une grange

Affleurant de l’enfance

Du passé de Montréal

Comme du mien

*

Je marche dans la poudrerie

Il reste quelques vieilles maisons

Et des échos de chansons

Qui tournent dans la tête

Et se suspendent

Devant ce mur chaulé

Couleur cyan

*

Sur ce mur j’imagine se rassembler

Des parties de moi oubliées dans le temps

Comme les chevaux de profil

Peints en ocre et terre brûlée

Au grand galop

Sur les parois des grottes de la préhistoire

*

Nous sommes innombrables

Et elles sont nombreuses

Celles dont je me rappelle

*

La petite fille de cinq ans

Arrivée de la campagne

En robe du dimanche près de l’étang

*

La communiante de sept ans

Pleine de ferveur mystique

Une chaude journée d’été

Dans la fraîcheur agréable de la vieille église

*

L’adolescente de treize ans

Le jeudi de l’Ascension

Lisait Rimbaud au soleil sur le bord de l’eau

*

À quinze ans, elle écrivait des poèmes sombres

Inspirés par l’eau noire et tumultueuse

Du ruisseau des Moulins

Un jour de tempête de neige

*

Et l’automne suivant

La jeune fille de seize ans

Embrassait un garçon du collège

Sous le saule-pleureur

Qui se trouve encore là

*

Je est un autre disait le poète

Et elle savait que c’était vrai

Qu’une part d’elle

Manquait encore

Perdue

Dans l’univers

*

Qu’elle la verrait peut-être un jour

Sur ce vieux mur bleu-vert

Revenir de son exil cyan

Pour se mêler à elle

*

Éternelle

Petite fille à l’échelle de ce printemps

Qu’on n’arrête pas

Et qui finira bien par arriver

*

À paraître dans la revue Lèvres urbaines #49, au Festival de la Poésie de Montréal 2017

Chamane du Nord

13 Déc

miron

Dans cet éblouissant premier hiver

la grande neigeur de ta disparition

nous sommes en deuil national de toi

homme croa-croa  

chamane du Nord 

rendu à ton aurore boréale 

à la lumière du Mystère 

Le froid souffle sur le cimetière de clarté

de Sainte-Agathe-des-Monts

Manitou magnifique

tu ouvres full grand les bras

pour prendre sur ton coeur brûlé

toute l’âme d’ombre des moins de vingt ans

qui voudraient se coucher sur les tracks

offrir leur détresse au firmament 

et s’abandonner au grand flash de la Mort

Poète de notre noirceur

tu veilles 

au seuil du Cap Éternité

(1997)

Dans les mois suivant la disparition de Gaston Miron le 14 décembre 1996, j’ai écrit ce poème en hommage au poète. J’enseignais alors la communication dans un cégep de l’Ouest de Montréal où j’étudiais L’homme rapaillé: les poèmes, mais aussi les textes sur la langue. J’avais invité Gaston Miron à venir rencontrer mes étudiants à quelques reprises et ils l’adoraient. 

Ils avaient moins de vingt ans et l’une d’entre elles avait évoqué dans un exposé oral le suicide d’une de ses amies morte d’horrible façon. La classe était en larmes et l’effet était tel que j’avais dû interrompre le cours pour éviter la contagion. C’était moins d’un an après le référendum de 1995. Quand une revue m’a demandé un hommage au poète disparu, je venais d’assister aux émouvantes funérailles nationales de Gaston Miron dans sa ville natale et j’ai tout de suite pensé à ces jeunes désespérés à qui il avait insufflé un tel espoir de retrouver l’avenir. 

Le poème est ensuite paru dans mon recueil D’ambre et d’ombre publié aux Écrits des Forges en 2000 et réédité en poche en 2003. J’évoque aussi ces années d’enseignement de l’oeuvre de Gaston Miron dans mon roman Des petits fruits rouges paru en 2001 dans la collection « Hiéroglyphe » que je dirigeais chez XYZ éditeur et traduit en anglais par Leonard Sugden sous le titre Little Red Berries chez Ekstasis Editions en 2008.

Dans le monde inversé de l’eau (3)

29 Juil

Notes de voyages dans la réalité non-ordinaire

L’esprit de la lune

Lune inversée

Je suis la lune pleine

Blanche de fulgurances

De révélations

De lumière et de grandes marées

Dans le coeur et dans les veines

Je suis la lune pleine

Je décrois en pente douce

De demi-lune en croissant

Je décrois sans résistance

Lente et douce

Je décrois jusqu’à disparaître

Je suis la lune noire

Des sortilèges et des secrets

De ce qui se trouve de l’autre côté

De tout le travail invisible des bêtes

Des criquets, des libellules

Des lucioles magiques

Je suis la Grande Occulte

Je cache et je protège

Je suis la lune noire

Je suis la lune croissante

Comme une joie qui monte

Dans les reins

L’enthousiasme, l’énergie

L’ardeur au travail

Je croîs jusqu’à éclater

De lumière et de brillance

Je croîs, je croîs 

Et je suis pleine

Encore une fois

Dans le monde inversé de l’eau (2)

27 Juil

Notes de voyages dans la réalité non-ordinaire

Photo 2

L’esprit du vent

L’esprit du vent transporte

Le soupir millénaire des pierres

La respiration des arbres

Le murmure du ruisseau

L’esprit du vent porte

La couleur des fleurs

Le chant d’une âme

Le contact avec les disparus

Une branche morte qui tombe

Et te montre ta place

La peur qui t’agrippe dans le dos

Quand tu entends des pas derrière toi

Un avion dans le ciel