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Chantier de préparation d’un manuscrit (30)

30 Jan

30-Sous la neige

30 janvier 2015, 13h46

Après une longue promenade sous la neige, je me mets au travail. J’ai changé la décidace du roman ce matin, ça fait davantage sens comme ça.

16h22

Je fais beaucoup de coupures et de réécriture des fragments du chapitre neuf que j’intègre au chapitre huit. Je programme le minuteur de mon téléphone et nous dansons, le poète et moi, de quarante minutes en quarante minutes pour six ou sept minutes à la fois sur de la musique de raï, du Joe Dassin ou sur le Beau Danube bleu qui nous fait valser à travers toute la maison.

19h59

Ouf! Je me suis rendue au bout du manuscrit, Il y a maintenant neuf chapitres. Dans le dernier, quatre fragments exigeront beaucoup de travail. Deux sont à réécrire d’un autre point de vue et deux sont ce qu’on appelle en génétique textuelle: des «réserves». Je sais en gros ce qu’ils contiendront, mais je ne les ai pas encore écrits. C’est loin d’être fini, mais ça avance.

Chantier de préparation d’un manuscrit (29)

29 Jan

29- Keats

29 janvier 2015, 12h42

Passé la matinée à lire le manuscrit du dernier recueil du poète: Cette musique de Keats, une petite merveille!   Je lui ai fait part de mon enthousiasme et des quelques corrections que je lui suggère: c’est toujours plus facile de voir la paille dans l’oeil de l’autre que la poutre dans le sien. Moi qui ai tendance à abuser des couleurs dans mes textes, je lui enjoins d’éliminer quelques bleus…je débusque aussi quelques répétitions et quelques flous sémantiques. Il a encore quelques jours de travail devant lui.

Ce n’est rien: il me reste, quant à moi, quelques mois à réviser le manuscrit de mon roman. Je commence d’ailleurs à montrer quelques signes de fatigue…

20h10

Travaillé de 16h30 à 18h15 à rétablir des fragments. En fait, j’en étais au chapitre sept auquel j’intègre l’ancien chapitre huit, ce qui fait que me voilà rendue au chapitre huit pour «Le chantier du Nouveau Monde».

Chantier de préparation d’un manuscrit (28)

28 Jan

28-Vladimir Milanovic

Gravure de l’artiste serbe Vladimir Milanović  

28 janvier 2015, 16h44

Passé une partie de la journée à travailler avec le poète à un texte en prose qu’il prépare pour poser sa candidature à un programme de résidence d’écrivain.

Il m’a ensuite aidée à réviser le poème inspiré par la célèbre gravure Melencolia de Dürer. C’est dans le cadre d’un projet pour le Biennale d’estampe de Trois-Rivières où je suis jumelée avec l’artiste serbe Vladimir Milanović qui m’a fait parvenir son inspirante gravure depuis un moment déjà.

Comme il ne parle pas français, j’avais d’abord fait un poème en anglais. Le livre publié aux Écrits des Forges sera en français, d’où la nouvelle version. Ce n’est pas du tout la traduction de mon premier poème en fait, car l’interprétation de l’artiste m’a réorientée.

En corrigeant le chapitre huit, je tombe sur cette allusion à un site que je n’ai pas consulté depuis longtemps et où je lis cette merveilleuse citation mise en ligne il y a dix-huit heures:

«In the civilizations I have created there are thresholds subtle and almost invisible. They are engineered in the slight gradations of roads and the shifting hues of brick. These are architected to align with transitions, which occur within the self so a sense of unity is drawn. Often openings to great boulevards and beginnings emerge from miniscule movements in form and flow

J’ajoute le site Web à mes signets pour continuer à le consulter pendant mon chantier de préparation du manuscrit, comme je le faisais régulièrement pendant l’écriture de ce chapitre. C’est très inspirant!

Je m’arrête vers 17h48, un peu ankylosée. J’ai oublié de mettre le minuteur pour me rappeller de danser aux quarante minutes…

Chantier de préparation d’un manuscrit (27)

27 Jan

27- Hathor

27 janvier 2015, 03h47

Une page blanche comme l’apocalypse de neige annoncée. La page reste blanche.

Ah! Voilà, ça me revient. Dans le fragment initial, il devait y avoir un enchâssement d’une scène où surgit l’hybride d’homme à tête de faucon.

Les plumes douces du harfang des neiges m’ont rappelé le plumage de l’oiseau sacré des Égyptiens.

Je ne suis pas tout à fait sûre que ce soit le moment d’écrire cet enchâssement, ni qu’il s’agisse d’une simple incrustation. C’est peut-être un fragment en soi qui pourrait s’insérer ailleurs.

Il y a aussi, à reprendre dans le fragment final, le motif de la chouette gravée dans un sarcophage de grauwacke.

Perdu une des notes en effacant un doublon. Je ne sais pas si c’est récupérable.

Je retourne à mes rêves.

9h29

Rêvé d’un puzzle éparpillé à l’envers sur une longue table de bois foncé. Comme par magie, le casse-tête se reconstitue sous mes yeux. Il représente une sirène grandeur nature.

Il y a deux de ces créatures dans mon livre: la sirène aux yeux verts, la sirène de bois blond et une autre il me semble. Ah! non, celle-là, je l’ai coupée…Il y a trois motocyclistes aussi.  Des créatures de l’air, de l’eau, de l’éther. Il y en a d’autres de la terre: l’ombre bleue sur la neige et des chevaux ailés en flammes.

Ça fait beaucoup d’images à gérer…

10h57

Je me repose de la fatigue des deux derniers jours, à voir beaucoup de monde, à conduire, à parler. Il y a 70 ans aujourd’hui le camp d’extermination Auschwitz-Birkenau était libéré. Je pense aux victimes de la Shoah, à celles de Syrie et de Gaza, du Rwanda, du Cambodge, de l’Ukraine. À la cruauté humaine, à notre manque d’empathie.

12h01

Consacré 33 minutes 59 de mon temps à écouter le discours du président américain Barack Obama prononcé hier à Delhi, où il était l’invité d’honneur à la célébration du Jour de la République de l’Inde. Remarquable d’un bout à l’autre, c’est un discours de diplomate de haut niveau et d’écrivain particulièrement éloquent—même si les services secrets lui font dire daredevils au lieu de motorcycles mais il le dit quand même.

«Même si nous reconnaissons le monde tel qu’il est, rien ne nous empêche de rêver le monde tel qu’il devrait être». Inspirant!

YouTube: http://youtu.be/2FsdWG_RlvA

13h15

Je lis mon chantier au poète qui me fait remarquer, juste au-dessus de mon poste de travail, un égrégore de lumière. J’y reconnais les cornes de vache d’Hathor, déesse égyptienne de l’amour, de la beauté et de la musique.

13h56

Ai réussi hier à récupérer sur l’ordinateur la note mise au panier sur la tablette, ouf!

Je vais maintenant récupérer le fragment sur la sirène du lac Nominingue et terminer la correction des quatre-vingt dix neuf fragments du chapitre sept.

17h34

Fini la correction des quatre-vingt-dix neuf fragments du chapitre sept. Il reste encore du peaufinage à faire, mais c’est déjà beaucoup mieux. J’ai aussi réintégré au chapitre six le fragment sur la sirène du lac Nominingue et supprimé beaucoup de passages sur les hésitations onomastiques de la narratrice, quitte à les reprendre ailleurs et autrement.

Chantier de préparation d’un manuscrit (26)

26 Jan

26- Tempête du siècle

Via @SimonTresim37

26 janvier 2015, 17h25

La tempête du siècle menace New York.

20h27

Intuition de ce que sera le dernier fragment, mais je n’ai pas vraiment le courage de l’écrire aujourd’hui.

Une amie parisienne m’apprend qu’elle sera de passage à Montréal à la mi-février, entre Tokyo, Shanghaï et Toronto où elle se rend pour son travail. J’ai hâte de la voir et ça me distrait de mon manuscrit.

21h50

Finalement, il n’y aura probablement pas  de tempête du siècle à New York.

Chantier de préparation d’un manuscrit (25)

25 Jan

25- Nouveau-né

25 janvier 2015, 05h43

Depuis une heure déjà, je travaille à ce nouveau fragment d’ouverture commencé hier, fascinée par le processus d’incubation dans l’inconscient qui m’y a conduite. Je continuerais pendant des heures, mais ce n’est pas raisonnable. Je retourne à mes rêves.

12h17

Je crois bien que c’est au printemps dernier, au retour d’un séjour d’un mois à Paris que j’ai eu cette idée pour le fragment d’ouverture du livre. J’en avais discuté avec le poète, mais, occupée à autre chose, j’avais laissé le projet s’estomper. Le fragment s’insère entre un court prologue et l’ancien fragment initial.

13h30

J’ajoute une phrase au nouveau fragment initial et je lis au poète les trois premiers fragments à la suite. Ça fait à peine une page et demie, mais ça oriente tout le roman. Les trois fragments résonnent dans toute la structure du livre: j’en entends presque la musique!

22h47

Après une longue journée dans la famille du poète rassemblée autour d’un nouveau-né de cinq semaines absolument craquant, je révise le fragment, je l’insère dans le manuscrit, je mets cette version modifiée dans le nuage et je transcris dans un dossier à part mes notes de ce matin au sujet du fragment final qui reprendra des motifs de ce fragment initial, faisant ainsi vibrer toute la partition musicale du livre.

Chantier de préparation d’un manuscrit (24)

24 Jan

24-Mandelbrot

24 janvier 2015, 11h29

J’ouvre mon document, en espérant pouvoir me rendre au cinquantième fragment aujourd’hui.

12h32

J’en suis au cinquante-sixième fragment des quatre-vingt-dix-neuf du chapitre sept. L’essentiel de mes corrections consiste à mettre les verbes au présent. J’ai écarté un court passage que je réutiliserai peut-être ailleurs.

Bon ça suffit, j’élimine le clavier espagnol, c’est agaçant à la fin…

13h42

Discussion avec le poète au sujet de l’article du Devoir d’aujourd’hui sur le livre d’une triste essayiste qui fait un constat navrant sur l’incapacité des romans québécois des années 50 aux années 80 à traverser les frontières:

«Tous les grands romans racontent une aventure, lancent dans le monde des personnages qui en rapportent une perception ou une compréhension nouvelle par laquelle ce monde, par la suite, ne peut plus être vu de la même façon. […] Or, dans le cas du roman québécois, aucune question, aucun événement n’ébranle assez le monde où vivent les personnages pour leur offrir, au sens fort du terme, une aventure.»

On se demande dans quel monde elle vit pour trouver que le Québec est dans une situation idyllique…

De fil en aiguille, j’en viens à l’ouverture du roman que je suis en train de terminer et soudain, me revient une idée que j’ai eue des mois plus tôt et que j’ai oubliée depuis. Inspirée, je griffonne dans mon cahier de corrections pendant que le poète me prépare un thé.

J’écris une phrase, puis deux. Je les lis à haute voix. Le poète suggère un nom de lieu que j’ajoute, je lui relis le passage et continue le paragraphe jusqu’à ce que je bloque sur un mot.

N’empêche, j’ai le sentiment d’être en train d’opérer un saut quantique. Le poète dit qu’il en a des frissons.

15h00

«De petites altérations dans les conditions initiales provoquent de profondes altérations dans le résultat final». C’est dans La formule de Dieu, best-seller de Jose Rodrigues Dos Santos que ma belle-soeur m’a offert à Noël. Je sens que la théorie du chaos va m’aider à finir mon livre éparpillé en mille fragments.

15h44

Silhouette noire estompée dans un camaïeu de tons moroses. Voilà, j’ai déverrouillé la phrase bloquée, mais je devrai remettre à plus tard le déploiement de ce fragment initial.

Chantier de préparation d’un manuscrit (23)

23 Jan

23- Encore un peu de lumière

23 janvier 2015 15h07

Je suis devant la muraille noire du doute.

Je m’en aperçois à ma lenteur à me mettre au travail et à l’erreur que je viens de commettre: supprimer deux fragments avant de les avoir copiés dans un autre dossier pour éventuellement les utiliser ailleurs. Au cours de la manoeuvre du copier/coller, j’ai perdu un des fragments. Pas moyen de le retrouver dans Time Machine non plus. Heureusement, j’en ai une copie dans le nuage, mais ouf! Que de perte de temps.

15h18

En fait, l’erreur était bien pire…J’avais déjà supprimé les deux derniers fragments: c’étaient ceux du chapitre précédent. J’ai rétabli sans trop de difficulté, et là je me retrouve avec deux versions du manuscrit sur mon écran. Je ne sais plus laquelle est la bonne…C’est vraiment la muraille noire. Je conserve la copie au cas, mais je la range ailleurs…

15h36

Je viens de résoudre en un rien de temps un problème de structure que je croyais presque insurmontable. En vérifiant quelque chose sur Internet, je m’aperçois que je suis passée en clavier espagnol. Je l’utilise bien peu souvent et je devrais le désactiver dans mes réglages, mais bon, ça va encore m’éloigner de mes fragments. J’y retourne.

17h31

Brève promenade jusqu’au parc. Il fait quand même froid, mais il y a encore de la lumière dans le ciel à cinq heures moins quart.

20h17 Corrigé jusqu’au quarante-quatrième fragment sur quatre-vingt-dix-neuf. Ça se passe bien, mais je m’arrête.

Chantier de préparation d’un manuscrit (22)

22 Jan

22-La muraille noire des nomades

La muraille noire des nomades

22 janvier 2015, 17h47

Relu hier jusqu’au  soixante-et-onzième fragment de la série des quatre-vingt-dix-neuf. Je reprends ma lecture cet après-midi après une promenade près de la rivière. Passée à la librairie pour acheter des livres pour contribuer à la bibliothèque d’un nouveau-né, j’aperçois un exemplaire du dernier Houellebecq. Il n’en reste que deux exemplaires. Je me le procure tout de suite.

Je poursuis la lecture de mon livre jusqu’à la fin. Je repère des torsades subtiles, mais il vaut mieux les peaufiner encore un peu. Je dois trouver une nouvelle stratégie pour modifier un des chapitres qui détonne, supprimer beaucoup de passages, en réécrire d’autres. J’ai pris quelques notes, pas beaucoup. Il me faudra tout relire à l’écran et modifier à mesure. Et puis, je le constate: le roman n’est pas tout à fait fini. Puisse la chouette de cet hiver glacial m’inspirer la suite!

20h39

Un des fragments revient trois fois. Je n’arrive pas à trouver sa juste place dans l’ensemble. Il me faudra choisir dans quel chapitre il est le plus pertinent.

22h45

Curieusement j’ai photographié un muret ce matin qui évoque le fragment: «La muraille noire des nomades», très court fragment qui opère un tournant important dans le roman où on trouve cette phrase énigmatique: « Pour reprendre son souffle, pour se protéger des hordes de l’invisible?»

Chantier de préparation d’un manuscrit (21)

21 Jan

21-Zéro

21 janvier 2015, 10h12

Suis revenue à la numérotation originale des fragments du chapitre sept, de 0 à 99.  Relu et corrigé de nouveau les vingt-cinq fragments révisés hier. Je relirai l’ensemble des quatre-vingt-dix-neuf aujourd’hui sur ma tablette au cours de mes déplacements.