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Chantier de préparation d’un manuscrit (28)

28 Jan

28-Vladimir Milanovic

Gravure de l’artiste serbe Vladimir Milanović  

28 janvier 2015, 16h44

Passé une partie de la journée à travailler avec le poète à un texte en prose qu’il prépare pour poser sa candidature à un programme de résidence d’écrivain.

Il m’a ensuite aidée à réviser le poème inspiré par la célèbre gravure Melencolia de Dürer. C’est dans le cadre d’un projet pour le Biennale d’estampe de Trois-Rivières où je suis jumelée avec l’artiste serbe Vladimir Milanović qui m’a fait parvenir son inspirante gravure depuis un moment déjà.

Comme il ne parle pas français, j’avais d’abord fait un poème en anglais. Le livre publié aux Écrits des Forges sera en français, d’où la nouvelle version. Ce n’est pas du tout la traduction de mon premier poème en fait, car l’interprétation de l’artiste m’a réorientée.

En corrigeant le chapitre huit, je tombe sur cette allusion à un site que je n’ai pas consulté depuis longtemps et où je lis cette merveilleuse citation mise en ligne il y a dix-huit heures:

«In the civilizations I have created there are thresholds subtle and almost invisible. They are engineered in the slight gradations of roads and the shifting hues of brick. These are architected to align with transitions, which occur within the self so a sense of unity is drawn. Often openings to great boulevards and beginnings emerge from miniscule movements in form and flow

J’ajoute le site Web à mes signets pour continuer à le consulter pendant mon chantier de préparation du manuscrit, comme je le faisais régulièrement pendant l’écriture de ce chapitre. C’est très inspirant!

Je m’arrête vers 17h48, un peu ankylosée. J’ai oublié de mettre le minuteur pour me rappeller de danser aux quarante minutes…

Chouette!

22 Jan

Chouette.cc photo nicolas— gent

Nous étions 17 hier au cercle chamanique animé par la chamane Loumitea Gauthier: http://lamessageredevie.com

C’était une chouette soirée! Avec nos tambours et nos hochets, nos chants et nos danses, nous avons voyagé à la rencontre de l’esprit de la chouette. Animal du Nord de la roue de médecine, totem de l’hiver, de la nuit et de la sagesse, la chouette est venue vers nous.

J’ai écrit ce poème pour tenter de rapporter non seulement mon propre voyage, mais celui des autres participants tel qu’ils l’ont raconté dans le cercle de paroles.

Chouette!

                         à Loumitea,

Je suis le harfang des neiges, le hibou, la chouette
je suis l’esprit du froid
et de la grande clarté
l’esprit de la nuit
j’adoucis les angles

Je suis le grand protecteur
aux ailes immenses

J’ai l’habilité de voyager
le courage, la persévérance et la patience

Je suis le voyant
celui qui voit les choses cachées
j’éclaire les consciences
je suis le gardien
je veille dans la nuit

Je m’envole
je suis la chouette
secrète, discrète
celle qui attend dans le noir
enveloppée dans ses ailes
repliée
et prête à agir
par surprise

Mes ailes sont si douces
qu’on ne m’entend pas arriver

Dans mon vol silencieux
je chasse les ombres
qui dansent sous ton crâne
et dévorent ton coeur
c’est une grande guérison

Ma tête tourne et tourne et tourne
et j’entends tout
les plus petits craquements
les froissements
le vent des ténèbres

Je voyage dans tes trous de mémoire
et dans le cri de ralliement des chats-huants

Je suis la chouette bleue de minuit
je suis l’ADN du nouveau monde
et je rêve ce monde
en laissant monter
dans la noire nuit de ce temps
le chant de mon âme

Chantier de préparation d’un manuscrit (18)

18 Jan

18-Miron

18 janvier, 9h32

Trouvé un autre titre pour un des fragments du chapitre cinq afin d’éviter que le titre du chapitre ne reprenne le titre d’un des fragments.

Problème technique avec la souris de l’ordinateur qui ne me permet pas de remonter facilement dans le manuscrit, seulement de le dérouler lentement. Le problème ne date pas d’hier, mais je n’ai jamais pris le temps de le résoudre. Or, quand on corrige, on a aussi souvent besoin de remonter que de redescendre…Je contourne parfois la difficulté en utilisant la fonction «rechercher», mais ça manque de finesse. Je m’aperçois que je n’ai pas ce problème dans des manuscrits moins lourds. Le mieux, c’est sans doute de circuler par les vignettes de page, mais il devient alors impossible de travailler en plein écran.

16h35

Après une matinée fort occupée et un long courriel à une amie, je retourne enfin à mon manuscrit.

19h52

Relu les cinq premiers chapitres sur ma tablette, en prenant des notes. Tout va bien. Quelques corrections mineures tout au plus. Deux fragments à déplacer et des verbes à mettre au présent.

21h55

Regardé un documentaire sur Gaston Miron. Pas très bon, mais c’est toujours émouvant d’entendre le poète et de le revoir à différentes périodes de sa vie, ses façons de bouger, de rire et de chanter. Quand Miron chante, c’est toute sa poésie vivante. Il nous manque.

On peut voir le documentaire en ligne:http://t.co/LAFlp7qDZr

Chantier de préparation d’un manuscrit (17)

17 Jan

17- Gris

17 janvier 2015, 15h15

De retour d’une longue promenade dans le gris humide et le froid, après une matinée paresseuse: petit-déjeuner au lit et lecture des journaux en ligne.  Dix-sept jours de suite que je travaille à ce chantier.

Retrouvé ce midi un fragment dans une ancienne version de 2012, fragment que je veux réintroduire dans le chapitre cinq. J’en cherchais un autre, un passage hautement comique et irrévérencieux, mais le poète me déconseille d’y revenir, pour des raisons auxquelles je me range rapidement.

C’est assez troublant de constater au passage que des fragments écrits il  y a trois ans et complètement supprimés l’an dernier, se retrouvent dans la version finale. Cette valse-hésitation en dit long sur le flou dans lequel se trouve encore le roman…

Après une tisane réconfortante aux épices, on retournera à nos travaux de bénédictins.

Me suis rappelé l’échéance du poème écrit en collaboration avec l’artiste serbe ( qui, lui, a créé une gravure). J’en ai fait une première version en anglais—il ne parle pas français—, mais le livre sera publié dans cette langue. La version du poème en français n’est pas tout à fait terminée, mais je vais m’y consacrer un autre jour. L’éditrice est encore en vacances, je lui enverrai un mot lundi.

L’héroïne, qui a changé moultes fois de nom, porte un de ses anciens noms dans le passage récupéré: ça fait étrange mais ça me conforte dans mon choix.

C’est le chapitre dans lequel j’évoque ceci: http://vimeo.com/user5983797/vivian-at-occupymontreal-on-111111

19h11

Un peu avant 17h00, je n’ai pas tout à fait fini, mais je me rappelle que c’est l’heure de la réunion d’un groupe virtuel du métavers que je ne fréquente presque plus faute de temps et que j’appelle «les Explorateurs du Temps» dans le roman. J’y fais un saut, heureuse de retrouver huit collègues un peu perdus de vue depuis des mois, sinon des années. On organise une lecture de poésie (en anglais, c’est un groupe international) pour célébrer, début avril, le septième anniversaire de ce groupe de réflexion.

Chantier de préparation d’un manuscrit (16)

16 Jan

16-En mode plein écran

16 janvier 2015, 17h20

Me suis oxygénée ce matin en marchant près de la rivière avec le poète. Le thermomètre extérieur indiquait seulement moins 10, on s’est dit que ce n’était pas froid et on est partis juste en gants et en tuques de laine. J’ai regretté mon chapeau de loup et mes mitaines, car une fine poudrerie s’est élevée et j’avais les doigts gelés, même en mettant mes mains dans mes poches.

Travaillé tout l’après-midi en mode plein écran dans mon bureau ensoleillé. Oublié de mettre le minuteur pour m’étirer et bouger aux 40 minutes, ce qui fait que je me sens ankylosée. Ma capacité de concentration me fait oublier le gros bon sens des fois…

Reconstruit le chapitre cinq et supprimé plusieurs fractales du chapitre six qui disparaît complètement. Je n’ai pas une bonne idée de l’ensemble des chapitres quatre et cinq, je relirai le tout demain sur ma tablette avant de continuer.

Pour l’instant, j’ai d’autres courriels à écrire au sujet de l’annulation de cette lecture de poésie à Paris début mars. Ça me fait de la peine, mais je n’ai pas le choix:  je dois en priorité terminer ce chantier.

Chantier de préparation d’un manuscrit (14)

14 Jan

14-Atelier de collages

14 janvier 2015 15h19

Malgré un soleil resplendissant, je renonce à aller marcher. Je suis trop fatiguée.

Réveillée vers deux heures du matin, j’angoisse d’avoir supprimé tout le quatrième chapitre. Écouté une longue vidéo de l’extraordinaire Isabelle Padovani qui me fait bien rire et reprendre courage: http://youtu.be/qzNUjoyr7mc

Je me rendors quelques heures, puis je travaille jusqu’à 13h à un collage des quelques fragments que j’ai finalement rescapés de ce chapitre après avoir passé les onze premiers à la trappe. Je poursuis ensuite le remaniement du texte sur l’ordinateur et j’imprime ces dix-sept pages.

C’est en les lisant à haute voix que je décide de supprimer aussi le dernier fragment de mon collage.  Le poète dit que c’est de plus en plus évident qu’il y a deux courants du livre qui se croisent et s’entrecroisent: le logique et le magique. C’est bien trouvé!

Le chapitre n’est peut-être pas tout à fait fini. Je verrai ça demain. J’ai deux ou trois courriels à écrire au sujet d’une lecture de poésie que je devais faire à Paris début mars et que je dois annuler car ce chantier du roman me prendra encore beaucoup de travail et de temps.

Elle raconte une histoire

26 Nov

Rodin_Danseuse_au_voiles_1b

pour Dorotea Pok 

Elle danse les bras nus

Et sa peau devient rouge

Chamane en transe

Ses longs cheveux balaient l’air

Elle voyage, femme-corneille

Au-delà de ce monde

Dans le mystère de ses cellules

Légères comme des bulles

Éclats sonores

En mouvement dans le temps

Elle déploie ses identités

Les secoue comme de vieilles poupées

Lâche du lest et remonte, aérienne

Dessiner des arabesques et des paraboles

Elle raconte une histoire

Et spirale dans l’espace

Saute par-dessus le mur de la lumière

Tourbillonne, irréversible

Créant la vie, mère tellurique

Berçant l’univers dans son ventre

Et l’humanité sur son sein cosmique

Belle, intensément belle

Montréal Kerouac Blues

5 Août

Sur la route des mots au FestiBlues J’y lirai une traduction que j’ai faite d’un extrait de Baby Driver, un roman fascinant publié en 1981 par Jan Kerouac, la fille de Jack Kerouac.Affiche Kerouac

La force de l’eau

4 Mai

image

Trois minuscules fées
Battent des ailes
Entre les feuilles d’une plante
Un rayon violet coule
Du sommet de ta tête à ta main
Et ton sang pétille, effervescent
Jusque dans les hélices de l’ADN
Qui captent l’énergie libre
Fusant en paillettes d’or
Comme une rivière au printemps
La force de l’eau te renverse
Et tu disparais
Dans un grand silence
Un silence si profond
Que tu bascules dans le temps
Dans l’espace de la blessure
La pluie éclate sur les vitres
Fracassant le temps
Et ton coeur éclate
Poète, ton coeur éclate
En mille éclats de glace